On s’intéresse… à la diversité culturelle au Canada et au Québec

Des immigrants de partout

Consultation des documents

De plus, le gouvernement canadien fait venir par milliers des paysans chinois pour travailler dans les mines du nord de la Colombie-Britannique et pour la construction du chemin de fer transcontinental.

C’est à partir de 1848 que la Colombie-Britannique accepte les immigrants chinois, venant d’abord de Californie, puis directement de Chine. Cette immigration, pourtant peu importante, se révélera marquante à cause du traitement discriminatoire qu’elle suscitera. Par exemple, à compétence égale, les ouvriers blancs obtiennent des salaires souvent deux fois supérieurs à ceux des ouvriers chinois11.

À son tour, Montréal accueille une immigration importante. Elle provient de divers pays d’Europe centrale et de l’Est : Russes, Allemands, Polonais, Ukrainiens, etc. Un nombre important d’immigrants sont des Juifs qui fuient les persécutions. Des communautés noires des États-Unis et des Caraïbes s’installent aussi à Montréal. La rue Saint-Laurent devient alors une zone frontière entre l’ouest anglophone et l’est francophone. Elle joue aussi un rôle fondamental dans l’accueil des nouveaux arrivants, car ils y trouvent des emplois dans les manufactures, les ateliers et les commerces.

Au XXe siècle, l’abandon des régimes monarchiques en Europe, la formation de régimes totalitaires et la Première Guerre mondiale ont créé plusieurs déplacements massifs, notamment de Juifs de l’Europe de l’Est, les Ashkénazes. Le Canada et le Québec connaissent alors la plus forte période d’immigration de leur histoire. À cette époque, le Canada propose une prime d’établissement par l’entremise de sa campagne de recrutement.

En 1913, arrivent au Canada plus de 400 000 immigrants, record qui ne sera jamais plus égalé par la suite. À la fin et au début du XXe siècle, le chômage sévit aussi pour les Canadiens français. Plusieurs émigrent alors vers les États-Unis pour aller travailler dans les usines de la Nouvelle-Angleterre.

La politique d’immigration est encore très sélective entre la crise de 1929 et la Deuxième Guerre mondiale. Les Britanniques comptent pour 40 % de l’immigration, les Français, pour 20 %, et les autres Européens (Italiens, Grecs, Espagnols et Portugais) arrivent massivement et représentent 40 % de l’immigration.

  1. Collectif d’animation urbaine. Découverte des quartiers multiethniques de Montréal, Montréal, l’Autre Montréal, 1992.